Novossibirsk (Новосибирск), octobre 2006 : En descendant la rue Batounine depuis la place Karl Marx en direction du quartier Lénine, à main gauche, on pourra parcourir le parc de la Gloire et voir notamment, au bout du très large boulevard, le mémorial élevé en l'honneur des soldats sibériens décédés lors de la Grande Guerre patriotique 1941- 1945 (мемориальный ансамбль «Подвигу сибиряков в Великую Отечественную войну 1941-1945 гг» (монумент Славы)). Ce complexe monumental, qui s'étale sur une surface de deux hectares, est une réalisation collective d'A.S. Tchernobrovtsev, des architectes M.M. Pirogov et B.A. Zakharov et du sculpteur B.L. Ermichine (auteur de la « Mère-patrie éplorée » – скульптура Скорбящей Матери) et, construit en quelques mois par les komsomols de l'usine Sibelmach, il a été inauguré en novembre 1967.
 
Ce mémorial est constitué d'une vaste place des fêtes rectangulaire ornée sur son côté est par cinq (le nombre d'années que dura la guerre) monolithes de 10 mètres de haut gravés sur une face (chacun représentant une étape cruciale de la guerre : l'appel au combat, l'appui de l'arrière, les assauts, la victoire et enfin la paix) au pied desquels ont été placées des stèles dont les urnes renferment un peu de la terre des champs de bataille (Elnya, Borodino, Mamaïev...) auxquelles ont participé en première ligne les forces armées venues de Sibérie. Derrière les monolithes, au milieu d'une petite place dite des Regrets et de la Tristesse (площадь Скорби и Печали, Памяти и Покоя), repose le tombeau du soldat inconnu devant lequel brûle la flamme éternelle que contemple la Mère-patrie éplorée (Вечный огонь и могила Неизвестного солдата- сибиряка). Cette flamme a été allumée par le fourneau de l'usine métallurgique Tchkalov qui a fonctionné à plein régime durant tout le conflit, puis a été transportée jusqu'au square des Héros de la Révolution (où l'on peut voir un autre type de flambeau) et enfin amenée ici à bord d'un véhicule blindé. Face à cette placette, les monolithes portent les noms de famille de quelques 30 000 combattants de Novossibirsk et de sa région qui ont péri sur le front pendant ces années sombres. Tout autour, des bouleaux et des sapins. Le 9 mai 1970 fut ici installé le poste de garde n° 1 réservé aux pionniers et komsomols méritant (la tradition se perpétue encore de nos jours avec un service quotidien — jours fériés compris et toute l'année — d'estafette qui emmène à tour de rôle les meilleurs écoliers de la ville monter la garde). La visite et la photo devant la flamme éternelle est également très populaire parmi les jeunes mariés.
 
En 1985, pour le 40e anniversaire de la Victoire, a été emménagée à 400 mètres de là au milieu du parc l'Allée de l'armement (Аллея оружия) où sont présentés les principaux modèles de la technique militaire de l'époque (blindés, canons, avions...). En mai 2000, un autre monument a fait son apparition près du mémorial : un glaive de 18 mètres de haut symbolisant l'unité entre les forces du front et de l'arrière, sculpture également conçue par Alexandre Tchernobrovtsev (памятник-меч единству фронта и тыла). Cinq ans plus tard, toujours en ce lieu, on inaugurait l'Allée des héros de l'Union soviétique décorés de l'ordre de la Gloire et originaires de Novossibirsk ou de sa région ornée de dalles en granite rouge polies portant 279 noms (Аллея Героев Советского Союза и полных кавалеров ордена Славы). Enfin, installées plus récemment derrière les bouleaux à proximité de la flamme éternelle, on peut encore voir deux stèles qui honorent les victimes des guerres en Afghanistan (1979-1989) et en Tchétchénie (période 1994-2001).
 
  
 
Le canon automoteur ISU-152 exposé au parc de la Gloire (cliquer pour agrandir)

 

              Canon lourd automoteur  ISU-152
         
(тяжёлая самоходно-артиллерийская
                 установка на базе танка ИС
)
 
 Le premier transport d'artillerie lourde sur chenille des russes fut le SU-152 conçu par le bureau de conception de l’usine de machinerie lourde de l’Oural. Il apparut pour la première fois en 1943, juste à temps pour participer à la bataille de Koursk contre les panzers allemands (Tiger, Panther, Elefant). Il était monté sur un châssis de KV-1. Quand on remplaça la série KV par la série IS, il devint l'ISU-152 (plus de 3000 exemplaires construits jusqu'en 1947).
 

 
Ce canon automoteur était une évolution du char de combat JS-2 Josef Staline et était équipé du puissant canon de 152 mm. La présence de ces pièces d'artillerie dans les unités blindées sovié- tiques augmentaient leur puissance de feu sans avoir besoin de canons conventionnels tractés. Si ces véhicules ISU avaient un défaut, c'était le manque d'espace pour ranger des munitions à l'intérieur. Ils devaient être approvisionnés par des transports blindés tout au long de leur avance sur les champs de bataille ce qui n'était pas toujours facile. La puissance de feu de ces engins était capitale et ils furent utilisés longtemps après la guerre. Les premières unités russes à pénétrer dans Berlin furent des unités de ISU-152 qui utilisèrent leurs Howitzer pour annihiler les points forts allemands à courtes distances et nettoyer le chemin pour atteindre le centre de la ville.
 
L'ISU-152 était aussi un excellent tueur de chars. Dans la plupart des cas, les coups au but de l’obusier ML-20S étaient fatals pour les chars allemands. Les statistiques indiquent qu’un obus semi-perforant pouvait pénétrer 82 mm de blindage à 1000 mètres. De plus, l’obus avait un poids de 48 kg, et l’impact d’une telle masse suffisait parfois à faire éclater les joints de soudures des plaques de blindage. En retour, il était très dur de le détruire à cause de son épais blindage de 75 mm. Il était servi par un équipage de 5 hommes à bord. Ce mastodonte, armé de l'obusier M-37 (ou ML-20) de 152 (vitesse initiale de l’obus 650 m/s), équipait les régiments de canons d’assaut lourds. Au début, le SU-152 n'était pas équipé de mitrailleuse pour sa défense rapprochée mais, durant sa production, un mitrailleuse lourde de 12,7 mm fut installée sur le toit de la superstructure. Longueur 9,05 m, poids 46,50 tonnes, portée de tir 9000 mètres.

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